| 2026-02-18 | |
Le tableau s’inscrit dans le genre des cabinets de collectionneurs (ou « cabinets d’amateurs »), très apprécié dans les Pays-Bas méridionaux au XVIIᵉ siècle, notamment à Anvers. Ces vues de galeries privées, où s'accumulent peintures, sculptures et objets exotiques, célèbrent la collection comme une manifestation de savoir et de raffinement. Elles sont à la fois un exercice de virtuosité et une mise en scène du goût, du prestige et de la connaissance.
Sur notre tableau, quelques visiteurs animent une vaste galerie : certains contemplent les œuvres couvrant les murs, tandis que d'autres examinent les objets disposés sur les tables. Statues, instruments scientifiques et coquillages témoignent de l'intérêt pour les richesses exotiques rapportées de contrées lointaines. La scène prend une dimension particulière par la présence de l’archiduc Albert d’Autriche et de l’archiduchesse Isabelle, donnant ainsi à l’ensemble une dimension politique. Leur attention se porte sur un « tableau dans le tableau » interprété comme une allégorie de l’iconoclasme, figurant la destruction d’œuvres d’art. Ce cabinet de curiosités devient ainsi un espace de dialogue entre art, savoir et pouvoir, constituant un manifeste visuel célébrant le mécénat princier et la protection des arts.
« Dès la réception des photographies, j’ai pressenti une œuvre de tout premier ordre. Son examen a révélé une qualité d’exécution remarquable, justifiant une étude approfondie menée avec l’expert. », explique Me Hugues Watine. L’œuvre a en effet été identifiée dans le cadre d’une expertise à partir d’une photographie reçue par Artefact Enchères. Passée de succession en succession, sans avoir été véritablement étudiée, le propriétaire n’en soupçonnait pas la valeur.
« L’œuvre peut séduire un public très large, des collectionneurs privés aux institutions, et suscite déjà des marques d’intérêt », précise Me Hugues Watine. Le sujet lui-même explique cette résonance : le tableau met en scène la collection, le regard porté sur les œuvres et la valeur culturelle des objets — une thématique qui dépasse largement le cercle des seuls spécialistes. Par ses qualités d’exécution et sa rareté, le panneau présente un niveau qui le place naturellement dans le champ des œuvres de référence. L’existence d’une version proche conservée au musée du Prado, nous indique l’importance de cette œuvre qui pourrait rejoindre les collections d’une institution muséale, notamment dans les pays historiquement liés à cette école.
Fondée en 2024, Artefact Enchères est le fruit de l’association de deux commissaires-priseurs aux parcours complémentaires : Maître Lara Schweitzer et Maître Hugues Watine. Animés par une même vision d’une maison de ventes moderne, accessible et ancrée dans son époque, ils unissent leurs expertises pour offrir un service exigeant et personnalisé. Avec des expériences riches et variées, leurs profils se complètent et donnent à l’étude une dynamique unique : une maîtrise rigoureuse du marché de l’art, une sensibilité pour la valorisation des objets, et une volonté affirmée d’accompagner chaque client avec écoute et professionnalisme.
Installés à Lille, au cœur des Hauts-de-France, ils accueillent vendeurs et acquéreurs pour répondre à toutes les demandes d’expertises, d’inventaires ou de conseils. L’étude s’entoure également d’experts qualifiés pour défendre un large éventail de spécialités : arts décoratifs, design, tableaux, bijoux, objets d’art, mobilier, mode, vins, livres et collections variées. Les ventes organisées par Artefact Enchères se distinguent par leur qualité, leur diversité et une diffusion soignée, permettant à chaque lot, du plus courant au plus rare, de rencontrer son public. L’ambition de l’étude est simple : proposer un service professionnel, transparent et humain, fidèle à la tradition des enchères tout en adoptant les outils d’aujourd’hui.
Photo : Artefact Enchères